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Institut de chimie du Canada

l’osmose inverse et la membrane anisotrope semi-perméable

Un tournant pour l’eau potable : l’osmose inverse et la membrane anisotrope semi-perméable

L’osmose inverse est une méthode de filtration de l’eau qui semble toute simple, mais qui revêt pourtant une grande importance parce qu’elle a touché la vie de millions de personnes dans le monde. Puisqu’elle réussit à éliminer les particules les plus fines de l’eau, l’osmose inverse est devenue la méthode de dessalement de l’eau la plus courante, c’est-à-dire le procédé qui permet d’obtenir de l’eau douce à partir d’eau salée. Cette méthode a vu le jour grâce aux travaux de l’ingénieur chimiste canadien Srinivasa Sourirajan et de son collègue Sidney Loeb.

À la fin des années 1950, MM. Sourirajan et Loeb étaient tous deux étudiants diplômés à l’University of California Los Angeles (UCLA) et travaillaient sur de nouvelles méthodes de dessalement. Après avoir mis à l’essai plusieurs matériaux, ils ont trouvé par hasard une configuration efficace à partir d’une fine membrane anisotrope à base d’acétate de cellulose sur support pelliculaire poreux. Cette membrane semi-perméable permet à l’eau de filtrer, mais retient les molécules et ions de grande taille. Dans la nature, les solvants comme l’eau ont tendance à se diffuser à travers ces membranes, allant de la solution la moins concentrée à la solution la plus concentrée jusqu’à ce que les deux concentrations s’équilibrent. Ce phénomène, baptisé l’osmose, cause une certaine pression sur la membrane. En appliquant une pression hydrostatique supérieure à la pression osmotique, l’osmose s’inverse. On peut alors extraire l’eau potable et laisser le soluté concentré du côté d’origine de la membrane.

Après l’UCLA, M. Sourirajan est venu travailler au Conseil national de recherches du Canada (CNRC) à Ottawa, en Ontario, où il habite toujours. Il est fondateur et premier directeur de l’Institut de recherche en membranes industrielles à l’Université d’Ottawa, où il a travaillé sur les membranes destinées à d’autres applications, telles que la dialyse rénale. M. Sourirajan a reçu un doctorat honorifique de l’Université d’Ottawa en 1994. Sa découverte a mené à la première usine commerciale de dessalement à Coalinga, en Californie, dans les années 1960. La méthode de filtration de MM. Sourirajan et Loeb continue encore aujourd’hui à servir dans des pays des quatre coins du monde qui n’ont pas accès à des sources d’eau douce importante.