Programmes et activités Formulation de l’équation de Michaelis-Menten
Mesurer des réactions biochimiques : formulation de l’équation de Michaelis-Menten
Tous les biochimistes se sont déjà servis de l’équation de Michaelis-Menten, qui est l’étalon mondial pour quantifier la vitesse d’une réaction biochimique. Cependant, peu connaissent la scientifique canadienne d’avant-garde qui a joué un rôle pivot dans la formation de cette équation.
Maud Leonora Menten est née à Port Lambton, en Ontario, et a obtenu son diplôme de l’Université de Toronto en 1904. À une époque où les femmes n’avaient pas encore leur place en science, Mme Menten a poursuivi de passionnantes études jusqu’au doctorat en médecine, obtenu en 1911. Elle a été parmi les premières femmes à recevoir ce grade au Canada.
Peu après, elle a déménagé à l’Université de Berlin pour y travailler avec Leonor Michaelis. Ensemble, ils ont réussi à dériver l’équation à laquelle ils ont chacun donné leur nom. Cette équation décrit la vitesse d’une réaction enzymatique :

Dans ce modèle, le V représente la vitesse de formation d’un produit, qui s’établit à une fraction de Vmax, soit la vitesse maximale à laquelle la réaction peut se produire. La valeur de V dépend de [S], qui est la concentration du substrat (ou la quantité de réactif présent), et de la constante de Michaelis, ou Km, qui est la concentration du substrat pour laquelle la vitesse initiale de réaction atteint la moitié de la vitesse initiale maximale. En d’autres termes, la valeur Km mesure l’empressement que le substrat et l’enzyme (ou le catalyseur biologique) ont à se lier l’un à l’autre; plus cette valeur est faible, plus l’affinité est forte, et subséquemment plus grande sera la vitesse de formation du produit.
Bien que d’autres modèles de cinétique enzymatique aient été élaborés depuis, l’équation de Michaelis-Menten demeure la plus couramment utilisée et figure encore dans tous les manuels de biochimie, de chimie physique et de biologie moléculaire. Plus de 50 ans après sa mort, Maud Leonora Menten demeure l’une des figures de proue du domaine des sciences biologiques et chimiques.





